Donc hier après-midi, piscine. rien à en dire. Une piscine de 25 mètres, normale. La seule chose intéressante est qu’ici il n’y a pas de cabine pour se changer. Tout le monde à poil dans le vestiaire — hommes et femmes séparés cependant — comme à Lisbonne. Il faudrait établir une carte européenne des rapports à la nudité, ce serait sûrement intéressant…

Le soir j’ai testé un autre restaurant, un restaurant basque, le Sagardi, à la limite du quartier touristique, en haut de la rue Argote de Molina. Enfin, en haut est une expression bien curieuse ici, le dénivelé doit être d’un ou deux mètres, Séville est une ville plate. Le rêve pour les cyclistes paresseux. Restaurant très  bien, un peu cher mais leur « solomio de vaca vieja » (en fait un pavé de bœuf aux poivrons rouges avec une sauce à base de vinaigre balsamique) est très fin. Le lieu, l’hôtel Palacio Pinello — assez cher mais il en vaut le coût—  est superbe. Quoi qu’il en soit, si l’on veut manger dans le quartier, je déconseille tous les restaurants du bas de cette rue, aussi chers et très quelconques.

Il es temps d’expliquer un peu Séville. La vieille ville qui était autrefois cernée par des rempart dont il reste ici et là des traces et surtout un fragment important au nord de la Macarena à la Puerta de Cordoba est ce que j’arpente depuis mon arrivée. L’appartement que j’occupe est au nord est ; la zone touristique, de la Puerta de la Carne à la Plaza Velasquez, est au sud. On traverse toute cette vieille ville à pied en environ une demie heure, sans trop se presser. Le tour prend à peu près trois heures. La zone touristique — Alcazar, jardins Murillo, cathédrale, Giralda, Université, Archivios de los Indios — est très petite et très concentrée. Dès qu’on s’en éloigne on tombe dans des quartiers populaires au mode de vie sévillan et, à peu près, sans touristes. La Alameda, par exemple, est le lieu de rencontre des jeunes familles un peu bobos. Pour moi, très agréables. Quand il fait beau les soirs d’été, on trouve à peu près la même atmosphère à Paris ou dans d’autres villes de France. La différence c’est qu’ici il fait généralement beau. Les rues sont mortes mais la moindre petite place est envahie de bistros et de gens discutant jusqu’à une heure avancée de la nuit. Par contre, peu de restaurants (sinon dans la zone touristique), la plupart des cafés servent des tapas ce qui évite certainement tous les frais qu’entraîne un restaurant. On peut manger correctement pour dix à quinze euros mais il faut aimer cet esprit décontracté sans service ni mise de table et plutôt à la bière qu’avec du vin.

Les incontournables sont l’Alcazar, les jardins Murillo, l’Université et le très petit ghetto (la Juderia). On peut, sans regret, s’épargner les archives des Indes qui ne sont en fait qu’une quantité impressionante de dossiers dont on ne sait rien sinon qu’ils sont là. Certainement passionants pour les chercheurs ; sans intérêt pour les visiteurs. Quant à la cathédrale… Je n’estime pas qu’elle vaille les heures de queue que sa visite demande. On peut toujours aller y assister à une messe, c’est gratuit et ça ne peut pas faire de mal même si, comme moi on est athée. Mais ces gros machins espagnols ne me séduisent qu’à moitié. Je préfère la finesse de nos cathédrales aux multiples vitraux jouant avec la lumière. Ici, la lumière semble une ennemie.