J’ai dû beaucoup trop marcher hier, j’ignore combien de kilomètres mais ce matin j’avais les jambes aussi lourdes qu’après trois heures de vélo. J’ai décidé de limiter les déplacements. Je n’étais pas encore allé à Triana, un quartier assez populaire sur la rive droite du Guadalquivir, après le pont Isabel II sur lequel un accordéoniste ne joue curieusement que des chansons de Paris. J’y suis donc allé, en ce samedi et, au passage me suis fait cirer les chaussures. Elles en avaient bien besoin. Triana est un quartier très animé, très familial avec plein de cafés où familles et amis s’attablent. Non seulement la courte rue piétonne San Jacinto mais également, celle qui longe le fleuve jusqu’à la porte de Jerez. L’ambiance est agréable, détendue, idéale pour lire le journal que j’avais acheté en route. Il y a aussi un très beau marché, le marché de Triana, bien sûr où les étals n’hésitent pas à afficher leurs convictions religieuses ce qui est un paradoxe en ce lieu construit sur les ruines du château San Jorge qui, pendant des siècles a été la prison de l’Inquisition. On peut visiter d’ailleurs, sous le marché, tous les soubassements de ce château avec un parcours didactique très bien fait. C’est vraiment intéressant et… gratuit. Il ne faut pas hésiter à aller passer là quelques heures.

Longeant le fleuve je suis ensuite retourné par la porte de Jerez qui est une des entrées du quartier touristique avec calèches et flots de touristes en groupe pilotés par leurs guides. Je suis tombé sur la sortie de la messe de la Cathédrale, plus exactement de la capillia de la Cathédrale, une chapelle latérale. Il y avait foule ce qui ne m’a pas étonné mais je n’avais jamais vu une sortie de messe aussi endimanchée. J’ai d’abord cru qu’il y avait un mariage, mais non. Un vrai défilé de modes. Toutes les femmes chapeautées, fleuries, portant des tenues plus élégantes les unes que les autres avec des maris en costumes et cravates, chaussures impeccablement cirées, fillettes vêtues comme leurs mères avec souvent des fleurs dans les cheveux, garçonnets sur leur trente et un, les cheveux très noirs magnifiquement peignés ce qui m’a rappelé la gomina de mon enfance. Tout ce beau monde — je doute qu’ils soient de classes populaires — papotant à la sortie, se faisant des amabilités, complimentant les enfants puis se rendant dans quelques uns des restaurants et cafés chics du quartier pour une collation de mi-journée.

Après cela je suis rentré vers 15 heures car il commençait à faire trop chaud. Très fier de moi parce que j’avais volontairement laissé mon plan à l’appartement et que je ne me suis — presque pas — perdu. Cinq kilomètres quand même. C’est le minimum dans cette ville.

Ce soir j’ai pris une place au Centro Cultural Flamenco de la Calle Cuna et, tant qu’à faire, j’ai réservé pour neuf heures (heure ici normale) à un restaurant juste à côté. Je raconterai tout cela demain.