Venir est une joie, partir un déchirement. Dernier jour. Je passe sur les contraintes inhérentes : faire le ménage, la valise, ranger l’appartement, voir la propriétaire et s’entendre sur les clés (je pars demain à cinq heures du matin) qui ne concernent que moi.

Comme un autre symbole (il suffit de les chercher pour les voir), le ciel est aussi bleu que mes premiers jours qui souligne les couleurs chaudes ou blanches de la plupart des rues de Séville. Est-ce un message ? Ne pars pas, prolonge ton séjour ? Je pourrais mais pour éviter ces remords de dernière minute, j’ai pris des rendez-vous à Paris pour la fin de la semaine. Ensuite… Plaza Mayor un groupe de danseurs fait des claquettes sur des airs irlandais, il y a des projecteurs, des caméras, peut-être une publicité ou un clip vidéo. Je m’enfonce vers le quartier Santa Cruz où, chaque fois que j’y vais sans carte, je tourne sans le vouloir un moment en rond pour finalement retrouver un café, une rue, une église qui me servent de repère. Il y a dans ce café de très beaux patios qui font toujours plaisir à voir, celui du consulat de Hollande, par exemple, rue Cantos, ou celui de l’institur britannique, calle Federico Rubio, et d’autres encore plus anonymes. Les rues y sont étroites, tortueuses, la notion de droite n’y a pas lieu de cité et même, quand sur la carte, il semble qu’il faille aller tous droit, les tours et les détours des rues réelles égarent le promeneur.

Je me suis intressé aux magasins, ce qui m’arrive de temps en temps car ils me semblent être de bons marqueurs culturels. Dans l’ensemble, comme le veut hélas la mondialisation, ce sont les mêmes que dans toutes les villes d’Europe et bientôt du monde, surtout les chaînes de vêtements — Zarra, CA… — car je supposer qu’ici, comme ailleurs, les châines comme Darty ou Ikea se trouvent dans des périphéries ou, marcheur, je ne vais pas ; ou encore les innombrables, inévitables magasins de souvenir dès que l’on s’approche du centre touristique. Ou encore les innombrebles cafés et restaurants. Cependant, ce qui est ici remarquable et que je n’ai jamais trouvé ailleurs, même à Lisbonne, ce sont deux particularités remarquables. D’abord le nombre très élevé de magasins vendant des robes andalouses. Pourtant elles ne sont pas bon marché, les moins chères que j’ai vues étant à 150 euros. Ensuite le nombre aussi très élevés de boutiques vendant des objets religieux : médailles, cadres, statuettes, statues, etc… Et pourtant, là encore, ce n’est pas bon marché le moindre angelot, petit, est à trente euros et ça peut monter beaucoup plus haut. De la même façon, les quelques antiquaires que j’ai vus sont également pleins d’objets religieux. Par contre les galeries d’art ? J’en ai vu deux ou trois, sans plus comme si la culture, ici, se figeait dans la religion et il me semble siginificatif que la Feria — fête andalouse — suive de près la Semana Santa. Pour le reste, pas de différence fondamentale avec les autres villes où j’ai séjourné  et vécu, on y annonce la fête des mères.

Adieu Séville…